Pakistan : meurtre d’un jeune chrétien victime de maltraitance

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Un jeune chrétien a été retrouvé pendu à une poutre dans la ferme où il travaillait à Sargodha, au Pakistan. Sa famille, ayant constaté des marques de maltraitance, évoque la possibilité d'un meurtre.

Le 3 mars dernier, un jeune chrétien prénomé Marqas Masih a été retrouvé pendu à une poutre de la ferme où il travaillait à Sargodha, au Pakistan. Alors que les propriétaires du lieu avaient déclaré qu’il sagissait d’un suicide, la famille du défunt évoque pourtant la possibilité d’un meurtre, après avoir découvert de nombreuses traces de torture sur son corps, rapporte International Christian Concern.

Déjà en novembre, Marqas avait confié à ses proches son souhait de quitter son emploi car ses employeurs le maltraitaient. Le jeune homme travaillait depuis plusieurs années dans cette ferme pour rembourser un prêt de 270 000 roupies pakistanaises (environ 968 $) auprès des propriétaires. Son salaire mensuel s’élevait à 15 000 roupies (environ 54 $), ce qui rendait presque impossible ce remboursement et la possibilité de quitter ce travail.

Les chrétiens victimes d'un système d'exploitation

Selon des militants, ce drame illustre un problème plus vaste au Pakistan. Après avoir accumulé des dettes, de nombreux travailleurs se retrouvent piégés dans un travail forcé. Souvent, le remboursement ne s’achève jamais et ils finissent par être maltraités.

Les minorités religieuses, y compris les chrétiens, sont souvent victimes de ce système, car elles occupent généralement des emplois mal rémunérés et pénibles. Peu de personnes parviennent à obtenir justice  en raison de l'influence des employeurs qui échappent parfois à toute sanction en versant de l’argent à la famille de la victime ou en contournant la loi.

Dans ce contexte, les circonstances de la mort du jeune homme ont provoqué l’indignation des habitants du village. Ainsi, près de 200 personnes ont bloqué la route et scandé des slogans contre ses anciens employeurs, afin que justice soit rendue. La police a procédé à l’arrestation de 19 d’entre eux, accusés de bloquer la circulation et de provoquer des troubles.

Parallèlement, les autorités ont arrêté les deux propriétaires de la ferme, Muhammad Mohsin et Muhammad Basharat, afin d’ouvrir une enquête.

De nombreux chrétiens prient pour que la situation des minorités piégées dans le travail forcé change et que des travailleurs comme Marqas ne subissent plus de tels abus.

Elormise Pierre

Crédit Image : ShutterStock / Hyotographie

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